Le bioblog de Sophie

21 septembre 2012

Bienvenue dans la meatrix !

 

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13 septembre 2012

Les produits laitiers sont-ils nos amis pour la vie ?

sante_mensonges_et_propagande_medium[Cet article reprend en grande partie des passages et des idées du livre « Santé, Mensonges et Propagande » de Thierry Souccar et Isabelle Robard]

Le calcium est un minéral essentiel pour le bon fonctionnement de notre corps. Nous en avons besoin pour que notre sang coagule, que nos cellules nerveuses transmettent leurs messages, que notre cœur batte. Nos os et nos dents en réclament pour leur structure : 99% du calcium y est stocké. De là à croire que pour avoir des os solides il suffit de se gaver d’aliments riches en calcium comme les laitages, il n’y a qu’un pas que la plupart des experts français franchissent allègrement. Le PNNS nous conseille de consommer des produits laitiers à chaque repas. L’idée est donc largement répandue que sans produits laitiers, nous ne pouvons pas couvrir nos besoins en calcium. Repris à l’unisson, le message a porté ses fruits. Les français n’ont jamais consommé autant de laitages. La consommation de fromage a été multipliée par 3 depuis la fin des années 50, celle de yaourt a plus que doublé en vingt ans.

Alors en réalité, que valent les laitages pour notre santé ?

Les laitages ne sont pas les champions du calcium !

En moyenne, l’homme absorbe 30% des sels de calcium contenus dans les aliments et les suppléments. Le calcium des laitages est absorbé à 32%, ce qui constitue donc une valeur intéressante.

Cependant, ils sont largement supplantés par les légumes crucifères (brocolis, chou de Bruxelles, chou frisé, chou chinois…) dont le coefficient d’absorption peut aller jusqu’à 61%. Ainsi, 100g de chou chinois apportent à l’organisme plus de calcium qu’un verre de lait.

Les laitages favoriseraient l’ostéoporose !

En Suède, Norvège, Etats-Unis, Allemagne, Irlande et Finlande, on consomme énormément de laitage. Bizarrement, la Suède, la Norvège, les Etats Unis, l’Allemagne, l’Irlande et la Finlande figurent parmi les pays les plus affectés par l’ostéoporose.

En Gambie, à l’inverse, les laitages sont absents de l’alimentation traditionnelle et on se contente d’à peine 360 mg de calcium par jour. L’ostéoporose est inconnue dans ce pays. Elle est également très rare en Chine ou au Japon, pays où la consommation de laitage est très rare.

Plutôt que d’augmenter les apports de calcium, limitons sa fuite !

L’os est un tissu vivant, en perpétuel renouvellement, qui gagne et perd du calcium sans arrêt. On peut bien sûr voir dans l’ostéoporose une maladie que l’on préviendrait en mangeant toujours plus de calcium, mais il serait scientifiquement plus juste de voir en elle une maladie que l’on peut prévenir en empêchant les fuites de calcium.

En 1968, Aaron Wachman et Daniel Bernstein ont émis l’hypothèse que le calcium osseux était utilisé par l’organisme pour neutraliser l’excès de charge acide apporté par l’alimentation.

Pour comprendre cette notion de charge acide, il faut savoir que l’alimentation fournit des ions hydrogène, ammonium et sulfates (acides) ou bicarbonates (basiques). Toute la vie, le corps s’efforce de n’être ni trop acide, ni trop alcalin. Lorsqu’il y a trop d’acide, l’organisme puise dans le minéral osseux – citrate et carbonates de calcium notamment – pour rétablir l’équilibre. Les os se fragilisent.

Le régime alimentaire moderne, riche en céréales, en laitages, en sel et en sucre est fortement acidifiant. Un régime efficace mettrait l’accent sur l’ingestion de fruits, de légumes, de protéines végétales et d’une quantité modérée de lait » (A. Wachman «  Diet and osteoporosis », The Lancet, 1968)

A titre d’exemple, une étude récente a montré que les femmes ménopausées dont le régime alimentaire apporte trop de protéines animales et trop peu de protéines végétales ont un risque de fracture de la hanche quatre fois plus élevé.

Autres effets supposés sur la santé

Le diabète de type 1 chez les enfants est plus fréquent dans les pays où l’on consomme le plus de protéines animales et en particulier de laitages. Ainsi, pour cent mille habitant, on relève 30 à 40 nouveaux cas chaque année en Finlande ou en Suède, soit 30 et 100 fois plus qu’au Japon et en Chine. Plusieurs études accusent explicitement l’introduction du lait de vache dans l’alimentation du tout petit.

« La vache et les coronaires », titre d’une étude britannique sur la consommation de lait par habitant et le risque de mortalité coronaire pays par pays. Conclusion : le lait est un facteur spécifique du risque cardio-vasculaire.

Il existerait également des liens entre consommation de laitage et cancer de la prostate.

Ils contribueraient à un risque plus élevé de Parkinson.

 

Bibliographie:

Santé, Mensonges et Propagande – Thierry Souccar et Isabelle Robard

« Cross cultural association between dietary animal protein and hip fracture : a hypothesis »

« European Foundation for Osteoporosis and Bone Disease », Effo News, 1997

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10 septembre 2012

Le végétarisme : sensiblerie ou acte militant ?

Photo vachewww.photo-libre.fr

Il existe plusieurs raisons de devenir végétarien :

 - par soucis écologique : la FAO estime que l'élevage est responsable de 18 % des émissions des gaz à effet de serre, soit plus que les transports.

 - par soucis de santé : certaines études montrent de très nets avantages d’un régime végétarien notamment sur les problèmes cardiovasculaires ou sur certains cancers.

 - par respect du bien-être animal : un article ne suffirait pas à décrire les conditions d’élevage intensif dans les fermes dites « modernes ».

 

Si vous êtes végétarien et que vous évoquez en société les deux premières raisons, il y a peu de chance que vous souleviez un tollé. En revanche, réclamez-vous de la cause animale et vous passerez au mieux pour un petit être sensible au pire pour le niais de service. Ma position par rapport à ces réactions tient dans les réponses aux deux questions suivantes : seriez-vous capable d’élever et de tuer vous-même votre bétail pour le consommer ? Cautionnez-vous les conditions d’élevage intensif ?

Si la réponse à l’une ou l’autre de ces questions est non, alors je trouve qu’il y a une forme d’hypocrisie dans le fait de consommer de la viande ou a minima de la viande issue d’élevage intensif.  J’ai d’ailleurs remarqué que les personnes qui portent ces accusations de sensiblerie sont souvent les mêmes qui refusent de regarder les reportages ou de lire un livre sur les conditions d’élevage.*

Pour nous éviter tout désagrément lié à une confrontation à la réalité, les industriels de la viande et les grandes surfaces mettent d’ailleurs en œuvre tout un tas de stratégies marketing efficaces: multiplication des labels et signes de qualité, photo d’animaux heureux s’ébattant en plein champs, évocation d’une alimentation « 100% végétale »…

Dès lors, comment faire le lien entre le morceau de viande sous cellophane du supermarché et l’être vivant, que vous avez trouvé si mignon dimanche dernier à la ferme pédagogique? Comment croire que votre poulet a vécu 45 jours sans voir la lumière alors que sur la photo il a l’air si content dans sa basse-cour ?

Nous acceptons de nous contenter des informations que l’industrie nous donne, parce que ça nous déculpabilise. Prendre conscience de la réalité nous met face à nos responsabilités. Beaucoup d’entre nous ne franchissent pas le pas et préfère rester aveugles, bien au chaud dans leur zone de confort.

Et vous, choisissez vous le confort des œillères ou décidez-vous de prendre vos responsabilités et de changer vos habitudes ?

Pour moi, un végétarien est une personne qui prend ses responsabilités et qui a une forte conscience des enjeux du monde qui l’entoure. Pour autant, je ne dis pas qu’on ne peut pas manger de la viande de manière responsable et consciente – on peut acheter de la viande issue d’élevage bio ou en tout cas respectueux du bien-être animal. On peut aussi en réduire sa consommation.

Vous n'êtes pas d'accord avec mes propos? Réagissez dans les commentaires, la discussion est ouverte !

Envie d’aller plus loin ?

*Le livre noir de l’agriculture d’Isabelle Saporta. Si vous arrivez à manger du jambon après avoir lu le passage sur l’élevage porcin, je vous tire mon chapeau.

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